LUTTONS CONTRE LES FAUTES06/07/2009
Elle était là. Au milieu du couloir, embrassant les joues de sa cousine et riant aux éclats. Fabi n'arrivait pas à en croire ses yeux. Enfin, après 6 mois d'attente plus que douloureuse, elle était là, devant lui. Soudain elle se tourna dans sa direction et son visage s'illumina.
- FAB' !!!!! Hurla-t-elle en se précipitant sur lui.
Il eut à peine le temps d'ouvrir les bras qu'elle lui sautait dessus, le faisant presque tomber à la renverse. Le c½ur du batteur en fut à deux doigts de l'explosion. Il la serra contre lui, l'étranglant presque, mais la jeune fille ne s'en plaignit pas, bien au contraire. Il enfouit la tête dans son cou, inhalant à pleins poumons cette odeur qui lui avait tellement manqué, alors qu'elle s'agrippait à lui, des larmes de bonheur tombant sur ses joues. Elle l'écarta ensuite pour l'embrasser avec une avidité non retenue et Fabi lui rendit aussitôt son baiser de la même manière. Ils tentèrent tout de même, vainement, de garder un semblant de conversation:
- Ça va ? T'as... bien dor... mis ? C'tait pas... trop long ?
- Si... trop long...
La conversation s'arrêta là alors que derrière eux, Marion explosait de rire et leur ouvrait la porte de leur chambre. Ils s'y engouffrèrent sans hésiter et se jetèrent sur le lit.
Fabi se sentait revivre. Lucile avait enfouit une main dans ses cheveux et l'autre agrippait sa nuque. Comme avant, il séchait à nouveau ses larmes par des baisers brûlants, lui murmurant des mots doux pour la réconforter et la calmer.
- Calme-toi ma chérie, je suis là maintenant, ça va aller, chuuuuuuuuuuut [XD], respire ma belle...
Elle eut un léger sanglot et le serra plus fort contre elle. Il inspira profondément, s'imprégnant de son odeur.
- Tu m'as tellement manqué, chuchota-t-il en l'embrassant dans le cou.
Elle sourit, au comble du bonheur, puis poussa un juron en sentant son portable vibrer dans sa poche. Sa mère. Fabi ne put retenir un léger rire quand elle décrocha, mais n'arrêta pas ses baisers pour autant, trop avide de s'imprégner d'elle.
- Allô Lucile ?
- Ou...
- C'est Maman !
- Ah ben...
- Ça va ? T'as fait bon voyage ? T'es bien arrivée ? Tes amis sont là ? Ils sont gentils avec toi ? Comment va ta cousine ? Tu sais où dormir ? Tu fais pas de cochonneries avec ce garçon hein ? Et t'as...
- Maman, je vais bien...
Lucile tentait difficilement de ne pas perdre pied, malgré la bouche et les mains de Fabi sur son visage, son cou, ses épaules. Mais il ne la déshabilla pas, se doutant qu'elle ne serait sans doute toujours pas prête.
- Qu'est-ce qui t'arrive mon lapin ? T'as une voix bizarre, t'es sûre que ça va ?
- Un peu fatiguée, mentit-t-elle.
Fabi retint un nouveau rire.
- M... Maman, 'faut que j'te laisse là, j'ai... un truc à faire !
- Mais ça peut pas attendre ?
- Non, ça peut pas !
Elle raccrocha rapidement et envoya valser le portable au loin pour ensuite attirer le batteur jusqu'à son visage. Des frissons parcouraient son corps et son c½ur battait à plein régime. Ça faisait des lustres qu'elle n'avait plus ressentis de sensations aussi fortes ! À cet instant elle aurait été absolument incapable de s'écarter de lui, à moins qu'on la tue sur le champ peut-être ?
- Fabi... j'veux plus qu'on s'sépare, balbutia-t-elle d'une voix que les pleurs rendaient tremblante.
- Moi non plus, répondit-il sur le même ton. Plus jamais !
- Fab'... j'sais que tu... voudrais qu'on... qu'on aille plus loin mais...
Il la coupa d'un long baiser.
- Je sais, lui chuchota-t-il. Ne t'en fais pas, n'y pense pas, pour l'instant je veux juste te retrouver.
Elle hocha la tête et se serra plus fort contre lui, lui répétant qu'elle l'aimait. Soudain la porte s'ouvrit en grand et ils sursautèrent tous les deux. Johannes entra dans la pièce, un grand sourire aux lèvres.
- Lucile ! S'écria-t-il. Comment tu vas ?
- MAIS JO PUTAIN CASSES-TOI BORDEL ! Hurla Fabi avant de se lever d'un bond pour le jeter dehors sans ménagement.
- Mais Fabi...
- DÉGAGES, J'AI DIS !
Sur ce, il lui claqua la porte au nez, la fermant à clef au passage, puis se glissa à nouveau près de Lucile. Il lui caressa la joue avec une infinie tendresse, le regard brillant. Elle lui rendit amoureusement ses caresses, l'embrassant à l'occasion.
- Il est vraiment chiant Jo.
Elle sourit et laissa échapper un léger rire. Il souriant à son tour, s'imprégnant des formes de la jeune fille, tentant de les graver dans son esprit, de peur qu'elle disparaisse. Il avait l'impression qu'il était en plein milieu d'un rêve et qu'il se réveillerait d'une minute à l'autre, seul dans la chambre à Dillingen. Il colla son front à celui de Lucile et ferma les yeux.
- Tu sais, chuchota-t-il. Être séparé de toi ça fait... mal. Très mal.
- Je sais, répondit-elle.
Il lui était inconcevable qu'elle puisse avoir souffert autant que lui. quand il l'avait vue pour la dernière fois, à la gare, il avait eut l'impression que son c½ur lui était arraché de la poitrine pour partir avec elle alors que lui restait en Allemagne. Il avait haït son pays, sa langue, sa culture, comme il ne s'en serait jamais cru capable, il avait adoré tout ce qui se rapportait à la France, et plus particulièrement à la Bretagne, à Rennes... à elle. Il avait beaucoup progressé en français, avec l'aide précieuse de Marion, notamment. Il avait passé des heures à la questionner sur la vie de Lucile, pour avoir des anecdotes, pour pouvoir l'imaginer, encore et encore, il avait pleuré plus en six mois qu'au cours de toute sa vie avant elle. Durant la semaine qui avait suivit son départ, il était resté prostré dans sa chambre, ne répondant plus que par monosyllabe à quelques personnes seulement. Depuis il ne se séparait jamais de l'écharpe qu'elle lui avait laissé, se ressassant encore et toujours ses souvenirs d'elle, vivant dans le passé.
Mais elle aussi avait souffert, énormément souffert. Sa s½ur avait été sa seule alliée durant ces six longs mois. Elle s'était brouillée avec ses parents de manière permanente car ils refusaient de voir à quelle point elle voulait rester là-bas, avec ses anciens amis, qui ne supportaient plus son attitude morose, avec ses professeurs, qui essayaient en vain de comprendre la raison de ses notes catastrophiques, et avec une bonne partie du reste de sa famille, car ils ne parvenaient pas à lui faire oublier Fabi. Seule sa s½ur avait été là, la soutenant jusque quand elle l'envoyait sur les roses, sans jamais la laisser tomber. Pendant ces six mois, la jeune fille n'avait été qu'une coquille vide d'esprit, de raison, de tout, excepté de douleur, de colère. Ses seuls moments de répits étaient les appels de Fabian.
C'est cette même douleur passée que chacun lisait dans les yeux de l'autre à cet instant.
- J'avais peur de plus te revoir, murmura Fabi. Peur que tu reviennes jamais.
- Moi aussi. Je ne savais pas du tout quand et même si mes parents me laisseraient repartir un jour... et finalement c'est toi qui es venu.
Il sourit.
- J'te rappelle qu'on est pas à Rennes mais à Paris.
- Peut-être, mais on est en France.
- J'ai du mal à réaliser qu'on est à nouveau ensemble, tous les deux.
- Ouais. C'est comme un rêve.
Il frotta son visage contre celui de la jeune fille et elle se serra encore un peu plus contre lui, si c'était possible. Ils s'endormirent ainsi, le visage séparé par seulement quelques centimètres de celui de l'autre, et pour la première fois depuis six longs mois, ils plongèrent dans un profond sommeil, reposant et agréable à souhait.
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Lucile retint un gloussement quand son petit ami grimaça en grognant légèrement. En se mordant la lèvre, elle saisit une nouvelle mèche de ses longs cheveux châtains et en frotta le bout sur la joue de Fabi. Il enfouit sa tête dans le coussin puis se tortilla pour lui tourner le dos. Mais trouvant sans doute la position inconfortable, il se retourna face à elle. Lucile regarda l'heure et se dit qu'étant donnée sa journée de la veille, mieux valait le laisser dormir encore un peu, il n'était que neuf heures trente. Elle passa donc ses bras autour de ses genoux et le regarda dormir (même si "le dévora du regard" était plus exacte), les yeux brillants et le sourire aux lèvres.
Mine de rien, il était quand même vachement musclé, se dit-elle. Son sourire s'agrandit d'autant plus quand elle pensa que ce charmant jeune homme étalé plus ou moins en étoile de mer sur son lit, torse nu devant elle, les yeux clos et le visage à tomber, avait déjà une petite amie, et que cette petite amie, c'était elle !
Elle resta longtemps ainsi sans bouger, à l'observer, son esprit fourmillant de choses et d'autres tournant toutes autour de Fabian Halbig. Elle en était arrivée à planifier une fugue afin de rester avec lui plus que le temps qui leur était imparti quand enfin il ouvrit timidement les yeux. Elle pencha la tête sur le côté et lui sourit.
- Salut, souffla-t-elle.
Pour toute réponse il lui pris la main, la tira contre lui, passa un bras autour de sa taille et referma les yeux pour ne plus bouger.
- Oô euh... Fab' ?
- Mmmh, grogna-t-il d'une voix gutturale.
- U_U nan, rien.
Il déposa un baiser sur son épaule, un autre dans son cou et sembla se rendormir. Elle se blottit un peu plus contre lui et décida d'en faire autant. Sans y parvenir. Elle se contenta donc de rester sans bouger, les yeux clos, confortablement installée dans les bras de son amoureux enfin retrouvé. Le paradis.
Elle se rendit compte qu'elle s'était finalement assoupie quand elle remarqua que le réveil affichait à présent onze heures trente-quatre alors qu'elle ouvrait les yeux. Elle fronça les sourcils en sentant que les bras de Fabi ne l'entouraient plus. Elle frissonna et se retourna. Il n'était pas là. Elle bâilla et s'étira avec soin, retardant au maximum le moment de se lever, puis elle décida que si ça devait arriver, on viendrait la chercher. Elle s'enveloppa dans la couverture et ferma les yeux en soupirant, se sentant revenir dans son état de somnolence. Elle entendit vaguement la porte s'ouvrir et se refermer puis un poids atterrir doucement sur le lit, mais n'y prêta pas attention, déjà presque endormie. Au bout d'un moment, la sensation tenace d'être observée finit par l'emporter sur son sommeil et Lucile ouvrit la moitié d'un ½il. Elle ne sursauta même pas en discernant un visage à à peine dix centimètres du sien. Fabi sourit et lui vola un baiser (même si en l'occurrence, "voler" était un bien grand mot).
- Bien dormit ? Murmura-t-il.
Elle hocha la tête en lui rendant son sourire.
- T'as pris ta douche ?
Il rit en entendant sa voix cassée.
- Ouais. D'ailleurs j'ai un peu froid, tu m'fais une petite place ?
Il frissonna et rabattit la couverture sur lui, entourant Lucile de ses bras dans l'espoir de grappiller un peu de chaleur. Et de câlins. La jeune fille passa les siens autour du cou du batteur, ferma les yeux et inspira profondément.
- Lu, te rendors pas, chuchota Fabi.
- Pourquoi ? Marmonna-t-elle.
- Parce qu'il y a plein de trucs à faire !
- T'as quartiers libres aujourd'hui, non ?
- Si m...
- Alors on fait c'qu'on veut ! Et moi j'veux dormir, alors on dort.
Il se retint d'éclater de rire et embrassa ses cheveux.
- Tu m'as manqué, lui murmura-t-il.
Elle se resserra contre lui.
- Toi aussi, tu m'as manqué.J'avais trop pas capté que j'avais posté qu'un chapitre xD désoley
bzoox
esiol !